L'atelier, un espace de recherche

Créer, c'est aussi accepter de ne pas savoir où une piste va conduire.

L'atelier est souvent perçu comme le lieu où les œuvres prennent forme.

Pour moi, c'est d'abord un espace de recherche. Un lieu où les idées se construisent autant qu'elles se transforment, au fil des essais, des rencontres entre les matières et des gestes répétés.

Avant qu'une œuvre n'existe, il y a un temps plus discret. Celui de l'observation, des notes, des esquisses, des expérimentations. Certaines pistes s'interrompent rapidement. D'autres s'imposent peu à peu, parfois de manière inattendue.

En ce moment, cette recherche m'amène à explorer de nouveaux matériaux et de nouveaux procédés.

Le textile trouve progressivement sa place dans la série Strates, tandis que le cyanotype ouvre un autre champ d'expérimentation. Ce procédé ancien, qui révèle l'image par l'action de la lumière, fait écho à des questions qui traversent déjà mon travail : ce qui apparaît, ce qui se dévoile, ce qui demeure invisible jusqu'au moment de sa révélation.

Ces explorations ne cherchent pas l'effet de nouveauté. Elles prolongent une même réflexion sur la trace, la mémoire et les transformations de la matière. Chaque essai devient une manière de mieux comprendre ce que le matériau peut raconter, parfois bien au-delà de ce que j'avais imaginé au départ.

Toutes ces recherches ne donneront pas nécessairement naissance à une œuvre. Certaines resteront des expériences, d'autres ouvriront peut-être de nouvelles directions.

C'est aussi cela, le travail de l'atelier : un espace où l'on accepte de chercher avant de trouver.

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