C’est quoi ce cirque ? ou regarder autrement

Il y a des moments où regarder ne suffit plus. Le regard glisse, s’habitue, contourne. Il finit par ne plus voir. C’est de là qu’est née la série « C’est quoi ce cirque ? ».

D’un besoin de déplacer légèrement le point de vue. Pas pour expliquer. Pas pour dénoncer frontalement. Mais pour créer un écart, faire un pas de coté. Un espace où ce qui semble familier devient instable.

Dans ces images, les formes ne cherchent pas l’équilibre. Elles tiennent parfois de manière précaire, comme si quelque chose pouvait céder à tout moment. Des tensions apparaissent, des accumulations, des disproportions. Rien n’est totalement figé.

Le titre pose une question simple, presque naïve : « C’est quoi ce cirque ? » Une expression que l’on utilise souvent sans y penser. Face à une situation confuse, excessive, incompréhensible.

Ici, elle devient un point d’entrée. Non pas pour apporter une réponse, mais pour rester dans cet état de doute. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas de représenter une scène identifiable. C’est de faire émerger une sensation. Quelque chose de légèrement dérangeant, qui échappe, qui ne se laisse pas immédiatement saisir.

Il y a dans cette série une forme de déséquilibre assumé. Comme si les images refusaient de se stabiliser. Comme si elles résistaient à une lecture trop rapide. Regarder devient alors une expérience plus lente. Un aller-retour entre ce que l’on croit voir et ce qui se dérobe ou se cache.

Peut-être que ce “cirque” n’est pas à comprendre. Peut-être qu’il est simplement à traverser.

Suivant
Suivant

Héritage : traces et mémoire dans le bois